Feldhase © Vincent-van Zalinge

Pro Natura lance l’Action Lièvre & Cie Neuchâtel, Jura et Jura bernois. Pour une plus grande biodiversité dans le paysage agricole

La diversité structurelle des paysages cultivés a fortement régressée ces dernières décennies, modifiant et menaçant la flore et la faune typiques des milieux ouverts. Les sections cantonales de Pro Natura Neuchâtel, Pro Natura Jura et le groupe régional Pro Natura Jura bernois (espace BEJUNE) se sont ainsi associés pour maintenir, revaloriser et promouvoir des milieux riches en espèces intégrés et favorisant le paysage agricole.

Quatre projets

La phase de conceptualisation a permis la mise sur pied de 4 projets de promotion de la biodiversité en milieu agricole.

Gestion pastorale de milieux embroussaillés

De nombreuses surfaces de prairies et pâturages secs ou humides subissent une forte pression par l’embroussaillement, mettant en péril la biodiversité typique de ces milieux. Le projet vise à engager des mesures pastorales pour lutter contre l’embroussaillement ou éviter le retour des buissons après un entretien mécanique. Deux projets sont actuellement élaborés dans le Jura bernois. L’un au Petit-Val, l’autre à Crémines (BE).

Accompagnement personnalisé auprès des agriculteurs-trices

Lors d’une première rencontre à la ferme, il s’agit de présenter le projet et visiter le domaine agricole pour comprendre pourquoi et comment ce dernier est géré et organisé. Puis une analyse des potentiels écologiques présents sur le domaine agricole ainsi qu’une analyse de l’état écologique de ce qui existe sont effectuées. Sur cette base, le conseiller propose un catalogue de mesures afin de 1) améliorer l’existant, 2) augmenter la mosaïque paysagère du domaine agricole et 3) selon les discussions, augmenter la part des surfaces dédiées à la biodiversité. En discussion avec l’agriculteur-trice, les mesures les plus cohérentes sont retenues. La mise en œuvre peut se faire de manière échelonnée pour ne pas apporter une surcharge temporaire de travail.

Promotion des étangs agro-écologiques

Selon les perspectives liées aux changements climatiques, la ressource en eau va devenir un enjeu majeur non seulement pour la biodiversité, mais également pour l’agriculture du massif jurassien. Il est ainsi important de prendre des mesures permettant d’anticiper ces modifications. Dans ce contexte, les étangs agro-écologiques représentent un compromis exemplaire entre 2 usages, la promotion de la biodiversité et la mise à disposition d’eau pour le bétail. En effet, cet ouvrage s’apparente à un bassin de rétention d'eau de pluie (bassin agronomique) jouxté par un deuxième bassin, appelé la «banane» ou bassin écologique. La partie agronomique permet l'approvisionnement des abreuvoirs. La partie plus petite est exclusivement destinée à la promotion de la biodiversité. L’ouvrage est fermé à la pâture et des aménagements complémentaires peuvent être effectués à proximité (tas de pierres, plantations de buissons, etc.).

Revalorisation des milieux humides en SAU dans le bassin versant du Doubs

Les milieux humides, sous leurs formes multiples (bas-marais, sources, étangs, etc.), sont devenus de plus en plus rares, entre autres en raison de l’évolution des techniques agricoles. De nombreuses parcelles ont été drainées afin de permettre une meilleure exploitation mécanique de celles-ci. Les milieux humides qui existent encore sont souvent des sites qui ne présentent que peu d’intérêt pour l’agriculture moderne ou qui sont protégés. Leur qualité est souvent affaiblie par une gestion inadaptée ou à cause de la déprise agricole.

Le contexte du bassin versant du Doubs varie entre les secteurs de La Chaux-de-Fonds/Le Locle, des Franches-Montagnes et des rives jurassiennes. En effet, le secteur des montagnes neuchâteloises ne possède que peu de prairies humides de fauche. Les enjeux sont donc plus liés à des petits cours d’eau ou à des résurgences, créant des mosaïques de milieux tels le Calthion (pré humide) ou le Filipendulion, (hautes herbes inondables), principalement en pâturage. Les mesures concernent ainsi la gestion et l’amélioration structurelle des cours d’eau, ainsi que la structuration des pâturages. La création de nouveaux plans d’eau est également nécessaire pour offrir des sites de ponte et de vie à divers organismes tels que les amphibiens et les libellules tout en augmentant la connectivité des milieux humides. Ce projet entre de plus en résonnance avec un projet du Service faune, forêts, et nature du canton de Neuchâtel visant à augmenter la connectivité des étangs en milieu forestier dans la région nord de La Chaux-de-Fonds.

Aux Franches-Montagnes, il existe encore de nombreuses prairies humides. Ces endroits, souvent appelés «Seignes» - nom indiquant historiquement une présence d’eau - sont de plus en plus localisés et délaissés par l’agriculture. Il est primordial de les valoriser pour aider leur maintien par une agriculture adaptée pour la faune et la flore particulières qui s’y développent.

Les rives du Doubs, dans le canton du Jura, avec leurs terrasses alluviales plates et leur taux de matières organiques élevé, ont vu une intensification de leur exploitation au fil du siècle dernier. Avec la mise en œuvre de l’espace réservé aux eaux (ERE), une opportunité s’ouvre pour remettre à ciel ouvert de petits affluents et créer des milieux humides adjacents gérés en prés à litière. La gestion et la valorisation des ripisylves sont également abordées dans le projet.

Durée de l’action

L’Action Lièvre et Cie se développe sur 10 ans (2019 à 2028). Elle est composée d’une phase initiale de conceptualisation de 2 ans, suivie de deux phases de mises en œuvre concrètes de 4 ans chacune.

L’Action au Jura bernois 

Plusieurs actions sont en cours de planification dans la région du Jura bernois. Elles se concentrent principalement sur le Petit-Val et le Grand-Val avec 2 projets de gestion de milieux embroussaillés à l’aide d’un troupeau de chèvres. Le projet d’étangs agro-écologiques est également en bonne voie sur le territoire du Jura bernois avec 3 mesures qui seront normalement effectuées en 2022: l’amélioration écologique d’un bassin de rétention d’eau de pluie sur Montoz (bourgeoisie de Péry) et la création de 2 étangs agro-écologiques respectivement à la bergerie de Vauffelin et au Probsteberg (commune de Elay). Ces mesures permettront de favoriser les amphibiens, en particulier l’alyte ou crapaud accoucheur ainsi que d’autres organismes liés à l’eau tels que les libellules. Les chauves-souris trouveront elles aussi leur compte avec la création de milieux où elles pourront s’abreuver et se nourrir.

Nous cherchons 2 agriculteurs-trices dans la région de La Ferrière – La Chaux-d’Abel qui seraient prêts-es à participer au projet d’accompagnement personnalisé. Si vous êtes intéressés-es ou que vous connaissez des agriculteurs-trices susceptibles d’entrer dans cette démarche, n’hésitez pas à prendre contact avec le chef de projet.

 

Contact
Avez-vous des questions, des remarques ou des suggestions? Ou êtes-vous intéressé(e) par nos projets? N’hésitez pas à prendre contact avec
Quentin Kohler, Chef de projet Lièvre & Cie, biologiste
Pro Natura BEJUNE
Louis-Favre 1
2000 Neuchâtel
@email
Tél: 079 292 70 82



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