Pro Natura Jura bernois

Pro Natura Jura bernois est la section régionale francophone de Pro Natura Berne qui s'occupe des 49 communes du Jura bernois. Elle entretient également des contacts réguliers avec Pro Natura Jura et Pro Natura Neuchâtel.

 

Projets en cours et achevés:

 

Inventaire des objets naturels du Jura bernois (Inventaire ONJB)
Mise à jour et modernisation

Les travaux de modernisation et de révision de l’Inventaire ONJB ont commencé en 2006. Après une première phase de travail de bureau (informatisation du document d’origine), les relevés de terrain ont débuté à la fin du printemps 2007 sur une première partie des communes. Malgré un été particulièrement pluvieux qui n’a pas facilité les observations, ils sont désormais achevés.

L’inventaire ONJB a été effectué en 1985 par Pro Natura Jura bernois. Le produit, largement utilisé encore aujourd’hui, se présente sous forme de cartes au 1:10'000 (au moins une carte par commune), de fiches générales d’inventaire (somme des objets inventoriés sur chaque territoire communal) et de fiches détaillées pour différents types d’objets (haies et bosquets, cours d’eau, prairies maigres, etc.). Toutes les cartes et fiches étaient sur support papier uniquement. Plus de 20 ans se sont écoulés depuis l’établissement de l’Inventaire ONJB et il va de soi que les choses ont évolué sur le terrain. De fait, il était devenu indispensable d’une part de l’actualiser et d’autre part de le rendre beaucoup plus maniable en le mettant au bénéfice des outils informatiques les plus modernes. On peut ainsi bénéficier d’un outil à jour et encore plus performant que la version d’origine. La facilité d’utilisation des données informatiques permet en effet de disposer instantanément des informations utilises pour gérer le patrimoine naturel sur l’ensemble du territoire du Jura bernois (49 communes).

L’ensemble des travaux a été planifié sur trois ans, soit de 2006 à 2008. La première année a été consacrée à la digitalisation des plans de la version 1985 (SIG, shapes-files, etc.), à la préparation des travaux de relevé de terrain des saisons suivantes (élaboration des fiches de relevé par objet et groupes d’objets, mise au point de la méthodologie, formation des observateurs, programme et calendrier) et à la gestion administrative du projet (organigramme, recherche du financement auprès de la Confédération, du canton de Berne et des communes du Jura bernois). Le printemps et l’été 2007 ont vu le début des relevés de terrain. Ce sont les 14 communes du Vallon de St-Imier qui ont été traitées en priorité étant entendu que les résultats seront utilisés dès l’automne 2007 pour le projet réseau du Vallon de St-Imier initié et piloté par l’Association régionale Jura - Bienne. Toutes les autres communes du Jura bernois seront couvertes en 2008. L’automne et l’hiver 2007 – 2008 seront mis à profit pour la digitalisation des nouvelles données de terrain, pour la préparation des fichiers informatiques, puis surtout pour l’analyse des résultats. Il s’agit en effet de mettre en évidence l’évolution positive ou négative du patrimoine naturel du Jura bernois sur une période de plus de 20 ans. Nous reviendrons sur les premières conclusions dans un prochain article.

A qui et à quoi sert l’Inventaire ONJB vu comme outil pratique de protection de la nature et d’aménagement du territoire ? En premier lieu, il sert d’instrument pour le travail quotidien de Pro Natura Jura bernois. Ensuite, il sert prioritairement aux communes. Elles ont déjà fait largement appel à l’Inventaire ONJB qui leur a été fourni en 1985, pour respectivement élaborer et réviser leur réglementation fondamentale en matière d’aménagement du territoire, à savoir l’établissement et la révision de leur plan de zones de protection. Quelques communes se sont basées sur ce document pour mettre en œuvre différentes mesures concrètes de conservation d’objets. De nombreux services cantonaux font aussi un usage apprécié de l’Inventaire ONJB pour préparer certaines de leurs décisions. Les deux associations régionales de montagne, à savoir l’Association régionale Jura –Bienne et l’Association régionale Centre Jura, ont à plusieurs reprises utilisé l’Inventaire ONJB pour appuyer leurs travaux de planification et de développement. A l’échelon fédéral, l’Inventaire ONJB a servi de soutien lors de l’élaboration ou de la mise au point de plusieurs inventaires fédéraux (sites de reproduction de batraciens en particulier).

Mesures en faveur des papillons à Hautes-Roches

Sur la commune de Roches (BE), non loin du hameau de Hautes-Roches, se trouve les ”Prés des Envers”, une prairie régulièrement fauchée et pâturée. Sa partie supérieure, située au-dessus du chemin forestier, a été abandonnée par l’agriculture depuis quelques décennies. Seul un petit secteur a été maintenu ouvert grâce, notamment, à la pratique du trial (!). La biodiversité du site a pu être sauvegardée grâce au soutien financier de Pro Natura.

Végétation : Cet ancien pâturage, plutôt thermophile, présente à la fois des secteurs secs et des secteurs plus humides. Aux alentours, la strate arborescente est constituée principalement de feuillus (Fraxinus, Acer pseudoplatanus, Fagus, Ulmus, Populus tremula...), mais également de conifères (Pinus sylvestris, Picea...). Au niveau de la strate arbustive, l’épine noire (Prunus spinosa) forme d’épais buissons ; elle est accompagnée par le saule marsault (Salix caprea), l’églantier (Rosa sp.), la viorne (Viburnum opulus), le sureau (Sambucus nigra), etc. La strate herbacée comprend aussi bien des espèces mésoxérophiles (Knautia, Briza...) que des plantes hydrophiles (Caltha palustris, Silaum silaus,...).Une grande partie de la surface est occupée par l’herbe aux goutteux (Aegopodium podagraria) et par l’ortie (Urtica dioica), indicatrices d’un sol lourd et nitrophile. Le site abrite plusieurs espèces rares ou protégées. Citons Crepis mollis, Silaum silaus ou encore Tephroseris helenitis. Une trentaine de pieds de ce séneçon à feuilles en spatule ont été comptés et forment ici une des dernières stations du canton de Berne.

Papillons de jour : Un bon tiers des espèces de papillons de jour présents le long de la chaîne jurassienne (116 espèces avec les Hespéridés) a été observé sur ce site de quelques ares. En effet, les relevés faits en 2003, 2005 et 2006 ont permis de recenser 42 espèces. Plusieurs d’entre elles sont typiquement forestières (A. paphia, A. iris, L. camilla, E. aethiops, E. ligea, C. euphrosyne, P. aegeria, S. w-album…). D’autres sont liées aux prairies sèches (A. aglaja, B. circe, L. megera, C. minimus, E. tages…). L’ortie sert de plante-hôte à la Petite Tortue (A. urticae), à la Carte géographique (A. levana), au Paon-du-Jour (Inachis io), au Vulcain (V. atalanta), au Robert-le-Diable (P. c-album), voire à la Belle-Dame (C. cardui).

Espèces prioritaires et Liste Rouge : Le Thécla du Prunier (Satyrium pruni) a besoin de massifs de prunelliers (Prunus spinosa) relativement hauts et denses (1,5 m - 2 m) que choisit la femelle pour la ponte. Cette espèce prioritaire (degré 2), plutôt discrète et très exigeante, est peu commune dans notre région. Une situation thermophile avec un gradient d’humidité assez élevé (proximité d’un ruisseau ou d’une prairie humide) lui est également favorable, ce qui est le cas ici. Une autre espèce prioritaire, le Grand Sylvain (Limenitis populi), est difficile à observer. Volant le plus souvent dans les frondaisons, elle est liée au peuplier tremble (Populus tremula). En matinée (10h-12h environ), les mâles se posent parfois sur les chemins forestiers où ils pompent l’eau et les sels minéraux. Une femelle a aussi été observée en fin d’après-midi. Le secteur est également très favorable aux autres grands Nymphalidés tels que la Grande Tortue (Nymphalis polychloros) et le Grand Mars changeant (Apatura iris), liés tous deux au Saule marsault (Salix caprea), ou le Petit Sylvain (Limenitis camilla). D’autres espèces de papillons, observés sur le site, figurent sur la Liste Rouge pour le Nord des Alpes. Il s’agit de Brenthis ino (catégorie 3), Brenthis daphne (2), Argynnis adippe (3), Erebia aethiops (3), Hamearis lucina (3), Brintesia circe (2), Cupido minimus (3). On peut ajouter L. populi (2), S. pruni (1), A. iris (3) et N. polychloros (3), déjà cités, soit au total 11 espèces.

Autres observations : Lors des relevés, un chevreuil, un renard et deux muscardins ont été aperçus. Le grand corbeau a été vu à plusieurs reprises. Un crapaud accoucheur chantait à environ 150 m en amont du site, à proximité d’une petite mare colonisée par le triton alpestre, le triton palmé, la grenouille rousse et le crapaud commun. Dans le ru vivent des larves de la salamandre tachetée, du cordulégastre (Cordulegaster bidentata) et du caloptéryx vierge (Calopteryx virgo) (1 femelle fraîchement éclose le 1.7.2006). Chez les autres insectes, nous avons trouvé, par exemple, Callimorpha dominula et Thyris fenestrella, deux papillons de nuit aux moeurs diurnes, ou encore Agapanthia villosoviridescens, un Cérambycidé lié aux orties et à diverses plantes herbacées des milieux humides.

Buts et mesures : Pour préserver, voire augmenter la biodiversité du site, des mesures urgentes devaient être prises. Dans un premier temps, il s’agissait de rouvrir cet ancien pâturage, tout en veillant à favoriser quelques essences ligneuses favorables à certaines espèces de papillons (coupe sélective). Un des premiers objectifs fut de maintenir la présence du Thécla du Prunier (Satyrium pruni). Pour cela, les massifs d’épine noire (Prunus spinosa) devaient non seulement être maintenus, mais les arbres qui menaçaient de les étouffer et de les ombrager devaient être coupés (frênes et érables principalement). Lors de la coupe, les essences servant de nourriture aux chenilles des grands Nymphalidés devaient également être préservées. Il s’agissait tout d’abord du saule marsault (Salix caprea) qui sert de plante-hôte au Grand Mars changeant (A. iris) et à la Grande Tortue (N. polychloros). En favorisant cette essence, on peut également espérer que le rare Morio (N. antiopa) vienne s’y reproduire. Les quelques peupliers trembles (Populus tremula) présents à proximité du site ont également été préservés de la coupe pour favoriser le Grand Sylvain (L. populi).

Travaux : En avril 2008, une entreprise forestière locale a entrepris le débroussaillage du site et la coupe de nombreux arbres, en particulier des érables (Acer pseudoplatanus) et des frênes (Fraxinus excelsior). La quasi-totalité du bois a été entassée au bord du chemin forestier et réduite en copeaux pour le chauffage domestique. À mi-mai, les travaux étaient terminés, à savoir: - Réouverture de la partie supérieure des ”Prés des Envers” telle qu’elle devait être avant son abandon par l’agriculture, soit environ 12’000 m2 ; - Maintien de quelques essences (saule marsault, cerisier) favorables aux grands Nymphalidés (Apatura iris, Nymphalis polychloros, N. antiopa) ; - Maintien de quelques massifs d’épine noire (Prunus spinosa) pour le Thécla du Prunier (F. pruni). En plus, quelques vieux arbres remarquables (Pinus sylvestris, Acer, Fraxinus...) ont été préservés pour favoriser la biodiversité du site.

Entretien et suivi : Un contrat d’exploitation de cet ancien pâturage a été signé entre la commune mixte de Roches, Pro Natura Jura bernois et l’exploitant. De plus, l’Inspection de la protection de la nature du canton de Berne (IPN) a également signé un contrat de protection d’espèces avec ce même exploitant. Le site a été complètement barré pour permettre la mise en pâture d’une dizaine de chèvres. Durant deux mois (août-septembre 2008), elles ont commencé a brouter la végétation de manière très efficace, empêchant la repousse des buissons et des arbres fraîchement coupés. Pour tester l’efficacité de ces mesures, un suivi sera mis en place sous forme de relevés effectués en juin et juillet par un spécialiste des papillons.

Jean-Claude Gerber
Article tiré du Bulletin Le Pic Noir, No 35 – Janvier 2009, légèrement modifié

 

Contacts
M. François Gauchat (président)
Chemin des Alouettes 11, 2515 Prêles
tél. 032 315 70 55, natel 079 207 56 42, fax 032 315 70 56
e-mail: f.gauchat@bluewin.ch


M. Alain Ducommun (secrétaire - chargé d'affaires)
Vy-d’Etra 35, 2000 Neuchâtel
tél. 032 / 753 75 15, fax 032 / 753 75 15
e-mail: aducommun@bluewin.ch

Adresse postale
Pro Natura Jura bernois
Case postale 929, 2501 Bienne

 

Comité

Président

M. François Gauchat
Chemin des Alouettes 11, 2515 Prêles
tél. priv. 032 315 70 55, natel 079 207 56 42, fax 032 315 70 56
e-mail: f.gauchat@bluewin.ch

 

Vice-président

M. Ronald Sommer
Haut du Village 9, 2715 Monible
tél. 032 484 92 72, natel 079 372 63 43, fax 032 484 92 73
e-mail fromagerie.ferm@bluewin.ch

 

Secrétaire

M. Alain Ducommun
Vy-d’Etra 35, 2000 Neuchâtel
tél. 032 / 753 75 15
e-mail aducommun@bluewin.ch

 

Caissier

Vacant

 

Président de la Commission scientifique

M. Laurent Juillerat
Chemin du Soleil 12, 2000 Neuchâtel
tél. 032 710 12 48
e-mail juillerat.l@bluewin.ch

 

Assesseurs

M. Nicolas Bourquin
Plateau de la Gare 7, 2610 Saint-Imier
natel 078 659 34 34
e-mail nicolas@dezeque.com

 

Mme Nicole Hofer
Sous-Banbois 5, 2515 Prêles
tél. 032 315 15 34, natel 079 751 50 71
e-mail mamilaine@bluewin.ch

 

M. Jean-Claude Gerber
Fin l’Epine 4, 2740 Moutier
tél. 032 493 32 49, natel 079 317 39 52, fax 032 493 32 49
e-mail nature.gerber@bluewin.ch

 

M. Sébastien Gerber
Rue de la Jatte 2, 2746 Crémines
tél.032 499 95 68, natel 079 776 59 31, fax 032 499 95 68
e-mail seba.gerber@bluewin.ch

 

M. Philippe Konrad
Rue du Moulin 32, 2740 Moutier
tél. 032 493 17 66, natel 078 708 17 66, fax 032 493 17 37
e-mail phkonrad@bluewin

 

M. Gérard Zürcher
Chemin du Nord 9, 2606 Corgémont
tél. 032 489 30 37, natel 079 222 40 57, fax 032 489 31 20
e-mail gerard.zuercher@vol.be.ch

 

Vérificateurs des comptes

Mme Sandrine Sylvant
Derrière l'Eglise 34, 2615 Sonvilier
tél. 032 941 54 24

 

M. M. Michel Walthert
Rue Neuve 20, 2613 Villeret
tél. 032 941 49 89

 

Suppléant vérificateur des comptes

M. Pierre-André Prêtre
 2735 Malleray